Référentiel Renaturation. Outil d’aide à la conception pour les projets de renaturation des sols
- Institut de la Transition Foncière

- il y a 5 jours
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Dernière mise à jour : il y a 13 heures
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Introduction
Dette éthique contractée depuis longtemps, dette écologique qui s’accumule de mois en mois, la contribution humaine à l’effondrement des écosystèmes n’a pas connu de modération jusqu’à présent. Éviter les atteintes aux espaces naturels, agricoles et forestiers, ainsi qu’aux espaces de nature en ville, constitue la première urgence pour espérer limiter les pertes de biodiversité, les dysfonctionnements hydriques et les risques climatiques associés.
C’est sans nous divertir de cette priorité que doit être conduit, en parallèle, le travail de réparation. Il fait son apparition, sous le terme de « renaturation » ou de « restauration », dans les politiques publiques et les pratiques de certains acteurs, parce que les pressions sur les écosystèmes menacent désormais l’habitabilité de nos territoires. Réparer devient non seulement éthique, non seulement nécessaire pour les générations futures, mais aussi une nécessité du temps présent.
L’Union européenne s’est fixé l’objectif de 30% d’écosystèmes en bon état « écologique » d’ici 2030 et plus de 90% en 2050, dans un règlement qui fait office de stratégie européenne de restauration. Elle a également imposé un suivi désormais à échelle plus fine de nos sols et de leurs fonctions, tout en confirmant, comme en droit français, que l’artificialisation est une dégradation des fonctions écologiques des sols.
Le mot de renaturation, lui, est souvent utilisé pour désigner des opérations qui n’ont ni la même ambition, ni les mêmes objectifs, ni la même logique : désimperméabilisation, végétalisation, dépollution et remédiation, désartificialisation et refonctionnalisation. C’est cette dilution du sens, qui constitue une première difficulté. Si la renaturation peut désigner tout et son contraire, elle finit par ne plus désigner rien de précis.
L’Institut de la Transition foncière a fait le choix de proposer une démarche collective et de produire une méthodologie partagée pour fixer l’une de ces définitions : la renaturation qui permet, au titre de la loi Climat & Résilience, de passer d’un sol artificialisé à un sol désartificialisé, parce que les fonctions écologiques des sols ont été restaurées.
Comme pour toute démarche de l’Institut, notre ambition est de doter les collectivités, les aménageurs, les opérateurs et les maîtres d’ouvrage d’une méthode adaptée au terrain, et déployable à plus grande échelle. C’est une condition nécessaire pour que la renaturation devienne une composante de l’aménagement des sols urbains et dégradés, et un savoir-faire maîtrisé par les acteurs opérationnels.
La plus grande vigilance reste de mise dans l’usage qui est fait de ces solutions : les sols et donc les écosystèmes qu’ils supportent constituent un patrimoine, largement non renouvelable, et pas à des échelles de temps humaines. La renaturation ne ne doit donc pas masquer l’irréversibilité des pertes, et elle ne doit pas nourrir d’illusions solutionnistes. En revanche, de la même manière que nos sociétés ont appris, ou ré-appris, à réparer le bâti, il est temps qu’elles se dotent de compétences et de méthodes partagées pour réparer les sols.
Le Référentiel Renaturation est donc conçu comme un outil de conception, de planification et d’aide à la décision dans le choix des techniques.
Il propose une démarche progressive, qui accompagne les porteurs de projet étape par étape, depuis la compréhension des caractéristiques initiales du site jusqu’aux arbitrages techniques et à la formulation des exigences dans les cahiers des clauses techniques. Il s’inscrit dans une logique d’apprentissage et de structuration de la filière.
À l’heure où la renaturation est appelée à devenir une composante normale des projets urbains et territoriaux, ce référentiel veut contribuer à ce que cette pratique soit déployée avec exigence scientifique, éthique et technique.
Jean Guiony
Urbaniste
Président de l’Institut de la Transition foncière
Membre du Conseil national de l’habitat
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